L’actualité agroalimentaire 

n°58 – vendredi 16 février 2024

Lesieur engage ses huiles…

Antoine Coutant (directeur général) et Priscilla Rozé-Pagès (présidente), co-fondateurs.

Comme annoncé il y a un peu moins d'un an (voir ICAAL hebdo n°22), Lesieur applique désormais sa démarche "Les Huiles Engagées" sur ses marques phares Cœur de Tournesol et Fleur de Colza. Déjà garanties 100% françaises et en bouteilles 100% recyclées, ces huiles profitent de la charte mise en application dans 500 exploitations : semis à date optimale, limitation des intrants (par exemple plantées en association avec des légumineuses), biodiversité (bandes fleuries)… Le tout vérifié par DNV.

… et investit dans la décarbonation

A l'occasion de cette annonce, la filiale du groupe Avril a également précisé la stratégie de décarbonation de son site majeur de Coudekerque-Branche qui représente 80% de ses émissions de scopes 1 et 2. Grâce à son pilotage énergétique, l'usine a déjà réduit de 10% sa consommation et son impact.
Six millions d'euros sont en cours d'investissement d'ici à 2025 pour adopter des groupes froids avec récupération de chaleur, installer des échangeurs thermiques et modifier la création de vide lors de la désodorisation des huiles : les émissions de GES devraient en être réduites de 30% encore.

Sodiaal vote une prime durabilité

La production laitière représente 80% des émissions de gaz à effet de serre de Sodiaal. Aux côtés de ce scope 3 dont l'élevage représente l'essentiel, les scopes 1 et 2 du groupe coopératif ne pèsent que 4%.
L'enjeu de sa décarbonation se situe donc bien à ce niveau. Pour l'accélérer, Sodiaal a mis en place un système de prime pour valoriser les efforts de

ses producteurs : 84% d'entre eux y seraient déjà éligibles.

Jusqu'à trois euros pour mille litres pourront récompenser la baisse des émissions brutes calculées directement par l'éleveur via la mesure SelfCO2 ; deux euros peuvent être dégagés par la biodiversité calculée sur la base du ratio haies et prairies permanentes rapportées à la SAU de l'exploitation.

Pour l'heure, il s'agit d'un budget de dix millions d'euros pour Sodiaal, qui pourrait atteindre le double si l'ensemble de son lait collecté (4,3 milliards de litres) adopte ces méthodes. Par ailleurs, un réseau de fermes pilotes – 12 à ce jour, 48 en 2026 – est mis en place pour tester des solutions innovantes. Au premier rang desquelles une alimentation des vaches moins productrice d'azote, par des rations mieux équilibrées ou le recours à des compléments alimentaires nouveaux (Bovaer, algues rouges…).

Danone a reconverti Villecomtal

La laiterie de Villecomtal-sur-Arros, dans le Gers, n'allait plus recevoir de lait pour se concentrer sur la production de boissons végétales Alpro. Depuis, l'Organisation de Producteurs du Sud-Ouest Laitier (OP SOL) a retrouvé un débouché avec la Fromagerie des Chaumes, filiale de Savencia Fromage & Dairy située à Jurançon, dans les Pyrénées-Atlantiques (voir ICAAL hebdo n°38).

Et Danone vient d'inaugurer son nouveau site qui transformera de la farine d'avoine en jus d'avoine. Ses 300 000 litres quotidiens seront à 90% destinés à l'exportation. C'est son second en France, avec Issenheim dans le Haut-Rhin, pour les alternatives végétales et le quatrième en Europe.

ACTUS ENTREPRISES

Coca dope Grigny et ferme Clamart
Après une première enveloppe de plus de 100 millions d’euros (voir ICAAL hebdo n°30), Coca-Cola Europacific Partners France lance un programme de 32 millions pour créer son "Centre industriel d’excellence Ile-de-France", à Grigny. Les capacités du site vont être renforcées pour reprendre les activités de l’usine de Clamart.

CP Ph. Jacob

Grigny accueillera aussi une ligne de production de verre consigné d’une capacité de 60 000 cols par heure, de 25, 33 ou 100 centilitres pour la CHR. De son côté, Clamart qui était le plus ancien outil de CCEP, situé en zone urbaine, sera fermé. Avec le transfert de 106 salariés mais  47 suppressions de postes, Grigny reprendra notamment ses lignes de production de bouteilles en PET recyclé.

Pernod Ricard. 1er semestre 2023-2024.
Chiffre d'affaires : -3%
dont Amérique : -7%, Europe : -4%, Asie-Reste du monde : +1%
dont marques internationale : -4%, marque locales : +4%
Revenu opérationnel courant : - 3%

CP L'Œil de Paco - Xavier Abiven

Une nouvelle endiverie
La Sica Saint Pol de Léon (Prince de Bretagne) a ouvert un nouvel outil de production d'endives à Kerlouan dans le Finistère avec des salles réfrigérées pour le stockage des racines cultivées par des maraîchers en plein champ, des salles de pousse ("forcerie") et un atelier de conditionnement. La coopérative espère ainsi retrouver ses 6 000 tonnes de production annuelle.

ACTUS INTERNATIONAL

Export. La Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS) parle d'atterrissage en douceur. De fait, avec un chiffre d'affaires de 16,2 milliards d'euros en 2023, les ventes à l'international de ces fleurons français ont diminué de 5,9%, avec un recul des volumes de 10,4%. Le solde reste bien sûr impressionnant - +14,8 milliards – mais régresse de 5,8%. Le phénomène est pour beaucoup lié au déstockage opéré aux Etats-Unis et à la chute des volumes d'expédition de cognac, entre autres.

ET AUSSI...

Import. Bonne nouvelle, 97% des volailles vendues en LS sont d’origine française et 70% arborent le logo volaille française. Mais l’étude Roamler confiée par l’Association de Promotion de la Volaille Française contient aussi une mauvaise nouvelle : la part de volaille française dans les produits élaborés cuits est passée de 81% en 2021 à 47% en 2023. Cette année, seulement 44% des produits transformés d’origine française portent le logo. Par ailleurs, seulement 15% des restaurants, indépendants ou chaînes, indiquent l’origine de leurs volailles. On devrait vérifier le phénomène dans le détail des importations agroalimentaires à venir.

CARNET

Outre la promotion de Marc Fesneau au quatrième rang protocolaire, le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire se voit enrichi d'une ministre déléguée de poids en la personne d'Agnès Pannier-Runacher. Sans périmètre prédéfini, elle dispose notamment d'une bonne connaissance des questions environnementales, ministre de la transition énergétique auparavant, ainsi que des relations commerciales dont

elle fut chargée à Bercy. A ce dernier poste a d'ailleurs été reconduite Olivia Grégoire, comme ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme.

Capucine Laurent rejoint l'Ania comme directrice du pôle "Alimentation saine, sûre, durable et accessible". Co-fondatrice de BeCitizen, elle a aussi travaillé pour La Note Globale puis chez AxaClimate.

Pietro Mazzà est nommé directeur de la région France Benelux du groupe Lavazza. Il devient ainsi directeur général de Lavazza France et de Carte Noire SAS. Il œuvre au sein du groupe italien depuis 2015, venant alors de Nespresso.

Suite au départ de Guillaume Darrasse (voir ICAAL hebdo n°56), Teract accueille un nouveau directeur général délégué, Ludovic Holinier qui était directeur général de Cora-Louis Delhaize depuis 2019.